Mercredi 16 septembre 2009


Il arrive, elle le voit, elle le veut
Et ses yeux font le reste
Elle s'arrange pour mettre du feu
Dans chacun de ses gestes
Après c'est une histoire classique
Quelle que soit la fumée
Quelle que soit la musique
Elle relève ses cheveux, elle espère qu'il devine
Dans ses yeux de figurine
Il s'installe, il regarde partout
Il prépare ses phrases
Comme elle s'est avancée un peu
D'un coup leurs regards se croisent
Après c'est une histoire normale
Le verre qu'elle accepte, les sourires qu'il étale
...

Pas la peine que je précise
D'où ils viennent et ce qu'ils se disent
C'est une histoire d'enfant
Une histoire ordinaire
On est tout simplement, simplement
Un samedi soir sur la terre

Ils se parlent, ils se frôlent, ils savent bien
Qu'il va falloir qu'il sortent
Ils sont obligés de se toucher
Tellement la musique est forte
Après, c'est juste une aventure
Qui commence sur le siège arrière d'une voiture
Il voit les ombres bleues
Que le désir dessine
A son front de figurine


Francis Cabrel
 -
 Samedi Soir Sur La Terre


     Mademoiselle n’est pas très belle mais elle a ce truc qui attire l’œil. Ce soupçon de charme, cette insouciance, cette fausse naïveté, ce sourire enfantin mêlé à ce regard responsable. Mademoiselle joue de ses charmes et boit pour se donner le courage d’aller vers les autres. Je ne veux pas dire qu’elle est asociale, mais elle a le cœur fragile. Elle souffre de l’attachement qu’elle porte aux autres, elle souffre de leur égoïsme. Elle regarde ceux qu’elle aime vivre et décide de vivre aussi. Pas l’inverse. Elle se laisse entraîner dans la vie comme on dérive sur la mer. Prise dans ses propres tempêtes elle ne se mêle pas de celles des autres. Mademoiselle flirte mais ne couche pas à tous les coups. C’est une salope amoureuse, une pudique sentimentale, une ingénue séduisante, parfois panthère, parfois chaton. Elle sait qu’à l’époque où elle vit le romantisme est dépassé. Elle regrette mais accepte. 

On est samedi soir. Comme souvent Mademoiselle est de sortie. Elle s’est glissé dans une de ses jupes et à prit au hasard un haut tout simple. Si ses pieds ne portent pas de talons ce soir c’est juste parce qu’elle sait qu’il sera là et qu’il n’est pas beaucoup plus grand qu’elle. La musique est une drogue douce. Elle fait bouger ses cheveux défaits au rythme des notes. Puis au fur et à mesure que ses amis lui montrent leur générosité, il lui semble que c’est la musique qui suit le mouvement de ses cheveux. Autrefois, Mademoiselle ne buvait pas. Autrefois Mademoiselle avait confiance en elle. Autrefois, Mademoiselle n’avait pas le cœur en miette. Elle s’en souvient avec délice et il lui semble que l’alcool lui redonne cette confiance perdue, ce magnétisme naturel. Elle se trompe. L’alcool ne fait que la rendre plus accessible. Elle passe de bras en bras avec des garçons qu’elle connaît à peine et qui cherchent sûrement quelque chose. Elle les fait espérer mais n’a d’yeux que pour lui. Lui qui semble l’ignorer. Lui qui quand elle a le dos tourné la dévore. Il a un verre à main et boit sans en avoir l’air. Il a un sourire intelligent et un regard envoutant. Elle tombe dans le piège.

 

Ses yeux se ferment doucement. Elle écoute battre le cœur de cet homme dont elle partage le lit. Elle sait que ce moment ne durera pas. Elle sait, alors elle savoure chaque instant. Elle ne se donne pas trop. Pas trop tôt. Mademoiselle connaît la chanson. Ca commence par un regard intense, l’esquisse d’un sourire et aussitôt l’espoir d’un baiser. Et lorsque enfin les lèvres se frôlent, puis s’embrassent, c’est un frisson indescriptible qui saisi la chair, c’est une sublimation du moi, une consécration, le bout d’une quête qui nous est tombée dessus souvent par hasard. Certain appelle ça le désir, le plaisir du corps, d’autre appelle ça l’Amour. Et pour ceux qui, comme Mademoiselle, ne croient,  ni en l’un ni en l’autre, c’est simplement le sentiment d’exister pour un autre que soi même, d’être vu, reconnu. C’est l’orgueil, la prétention, la détresse d’une âme qui ne reconnaît ni les plaisirs de la chair ni ceux du cœur. L’espoir aussi, qu’il existe une partie de réalité dans les mots qui recouvrent ces livres qu’elle dévore.

Elle devrait se donner à lui mais elle n’a plus le temps. Elle se glisse hors des couvertures avec une grâce féline. Elle se rhabille dans le noir avec une assurance feinte. Ses jambes la soutiennent difficilement tant son cœur tape contre sa poitrine. Elle maudit cet homme qu’elle convoite depuis plusieurs années, de la mettre dans cet état là. Elle le maudit encore plus quand il reste bien au chaud dans ses draps et qu’elle lutte pour marcher. Elle l’embrasse. Peut être pour la dernière fois. Elle le sait, elle savoure encore. Biensur elle fait celle qui s’en fout. Elle prend un air d’indifférence. Mais son cœur est au bord de la crise cardiaque et ses maudites jambes ne lui répondent plus. Mademoiselle est une émotive démesurée. Elle vit tout plus fort.

Elle sort. Manque de tomber dans l’escalier. Mais elle part comme une princesse, sans un regard en arrière. Il lui fait un signe de la main. Elle hésite à répondre mais c’est plus fort qu’elle. Elle sourit. De ce sourire magnifique qui éblouit ceux qui s’y perdent. Dans la voiture son état de s’améliore pas. Elle est partagée entre un violent désir de fuite et l’envie de retourner dans les bras de cet homme dont finalement elle ne connaît rien. Et quand elle s’étend sur son lit, le sommeil se refuse à elle. Elle sent cette solitude, autrefois son alliée, maintenant redoutée, fondre sur elle sans pitié. Elle voudrait pleurer de rage. Elle arrive seulement à calmer son rythme cardiaque. Elle se sent seule, terriblement seule. Mais elle est tellement heureuse.

 

Mademoiselle est en vie.



Par Eléonor K - Publié dans : Essais
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Mardi 8 septembre 2009

Elle a tout ce qu'elle désire
C'est une artiste n'en doute jamais
...
Elle peut faire des nuits toutes blanches
Et sur tes jours le noir complet
...
Jamais elle ne tremble
Et nulle part elle ne peut tomber
...
C'est une collectionneuse mondaine
Et toi un passant démodé
...
Tu commencera debout
Fier d'entendre son moindre murmure
...
Tu finiras comme les autres
A genoux devant sa serrure
Francis Cabrel - Elle M’appartient (C'est Une Artiste)


Elle fait jouer les belles boucles de ses cheveux. Elle rit doucement. Lui il la couve du regard, Il sait qu'il est trop tard. Il a eu sa chance. Il regarde cet homme qui va se perdre dans les yeux de sa bien aimée. Il le regarde tomber sous son charme. Il le regarde avec une pointe de jalousie. Je perçois sa deception. Son amertume. Il est seul depuis qu'elle est partie, Il sait que son rival subira le même sort. Il se suprends à le prendre en peine.
Le vent qui agite ses cheveux, la musique qui fait bouger son corps, l'alcool qui fait briller ses yeux. Et son sourire.
Rien qu'à la voir Il retombe amoureux. Et ce pauvre type qui lui parle, Il a envie de le détruire, d'être à sa place. Elle se tourne vers Lui et son coeur se met soudainement à battre plus fort. Il s'emballe. Elle l'a vu. Elle vient. Elle lui dit bonjour naïvement. Il voit dans son regard qu'Elle sait tout de ses sentiments. Il voit qu'Elle sait qu'Il lui appartient. Il le voit mais Il s'en fout. Il est fou d'amour, où tout simplement fou.
Elle repart comme un souffle frais. Elle en rejoins un autre et un autre. Elle virevolte toujours entourée. Et dans sa dance folle voit Elle qu'Il la regarde ? 

Par Eléonor K - Publié dans : Essais
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Lundi 7 septembre 2009

[ "Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme, ce sera moi.
Moi seul. Je sens mon coeur, et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement: Voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon; et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire. J'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus: méprisable et vil quand je l'ai été; bon, généreux, sublime, quand je l'ai été: j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Être éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son coeur au pied de ton trône avec la même sincérité, et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose: je fus meilleur que cet homme-là." ]

Jean Jaques Rousseau - Les confessions Livre I


Je n'ai jamais cru qu'un jour je me livrerai autant, qu'un jour il me connaitrait autant. Je sais qu'il lira ces lignes, il sera surement le seul. Je me fiche des préjugés, je me fiche des conséquences.
Jusqu'à mes 8 ans, j'ai cru que la vie était une aventure merveilleuse. Puis un jour, elle m'a prit dans son tourbillon, trop rapide, trop violent, trop dur pour l'enfant que j'étais. Je me suis endurcie, un peu, doucement. Trop peut être.
Puis je suis tombée amoureuse comme on tombe malade. Sans le vouloir et tellement violemment. J'ai vécu une histoire comme on en vit quand on a 14 ans et que 700 km qui nous sépare de notre Jules. De belles paroles en belles promesses. Aujourd'hui je dis que c'est ce qui m'a sauvé, ce qui a fait de moi ce que je suis; une artiste, une névrosée, une solitaire. Mais c'est surement que le facteur déclancheur.
A 15 j'ai donc connu ma première désillusion, desuite suivi par ma première grande déception amicale. J'ai perdu en un mois mon premier amour et ma meilleure amie. Ce qui a suivi pendant 3 ans, c'est la peur des autres et du mal qu'ils peuvent nous faire. Cette méfiance à fait de moi un être insaisissable, pour guérir mon coeur en miette je me suis mise à briser le coeur des autres. Séduire encore et toujours et puis briser. Faire le plus de mal possible. Si j'ai fait du mal aux autres, je m'en suis aussi fait énormément. J'ai aguiché, flirté, trompé. Sans remors. Sans regrets. Plusieurs fois je suis tombée sur plus fort que moi. J'ai appris. Encore. Encore. J'ai errigé des barrières entre moi et les autres. Certains s'y sont heurtés, d'autres les ont gravement endomagées.
Puis par la force des choses, le temps à guerri mes blessures. Tout doucement je me suis réveillée de ma souffrance. Tout doucement j'ai appris l'indifférence et l'insensibilité. D'hyper-émotive, je suis passée à glaciale. J'ai mis un masque sur mon visage. Je suis rentrée dans le jeu. J'ai joué le jeu. Parfois le jeu m'a trompé. J'ai pardonné à ma meilleure amie, fais de mon premier amour, un ami de choix.
Mais comme tu dis si bien, j'ai gardé cette peur des autres. J'ai pris l'habitude de fuir. Toujours plus vite. Toujours plus loin. De me méfier des sentiments. De renier l'attachement. A trop me protéger, j'ai fini par me refuser les plaisirs les plus simples. De peur de retomber, je réprime mes désirs et préfère laisser libre cours à ma raison plutot qu'à ma passion. 
Cependant l'alcool fait tomber tous les masques et le naturel revient au galop. Sous l'effet du délicieux brevage, je redeviens une enfant meutrie, une femme désirable et insaisissable. Doux paradoxe. Tendre ambiguité. Telle une lumière, j'attire les papillons pour mieux leur bruler les ailes. Dans la nuit je brille et au levé du jour, quand mon corps a absorbé tout l'alcool, je m'éteinds et reviens à une vie plus terne, plus mélancholique. Alors, mes souvenirs se bousculent et je flotte entre honte et jouissance. Laquelle l'emporte ? Ni l'une ni l'autre parce que ça reste un jeu. Un jeu où je finirai par tout perdre, mais où je connais les règles pour avoir déjà tout perdu. Un jeu parfois dangereux, parfois frivole. Un jeu d'enfant où je n'arrive pas à franchir les règles d'adultes.

Par Eléonor K - Publié dans : Essais
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Lundi 27 juillet 2009

Comme un malheur n'arrive jamais seul, je suis seule dans mon bonheur.

Le verdict est tombé ce jeudi, ce sera bien Albi, ce sera bien mon appartement, les murs seront bien peints en gris (ah non pour ça il faut attendre demain). Jeudi 23 juillet, jour du renouveau, je ne serais plus une étudiante factice mais bien une étudiante promis à une avenir sinon brillant au moins existant.

Kevin Spacey a dit "Aujourd' hui est le premier jour du reste de votre vie", alors aujourd'hui, après avoir mis entre parenthèse ma vie, je me permet de respirer à nouveau, j'ai tout perdu je n'ai plus rien à perdre. Plus de meilleure(s) amie(s), plus de vieille amie, plus de plan C, plus de remords, plus de regrets. Avant de partir, j'ai dit "merde" à mon père, "merci" à ma mère, et "je vous aime" au reste de la famille. "On choisi pas ses parents" qu'ils disent, ben alors il faut partir. Oui vous l'avez deviné, je dis ça mais en vérité ils vont me manquer, ben tant pis je prendrai un chien, ou un homme... affaire à suivre.

Autre nouveauté je partirai à la fête annuelle seule où je rejoindrais madame la chatelaine la bien nommée pour seulement deux soirs, pas un de plus puisqu'elle ne peut faire l'effort de s'y rendre en voiture. Tant pis pour elle, tant mieux pour moi. C'est surement ma dernière année de fête et pour une fois je ne la ramènerai pas ivre chez elle. Dur dur d'être une enfant sage.

Par Eléonor K - Publié dans : Chroniques d'une étudiante
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Vendredi 24 juillet 2009

J'ai sauté pas mal de temps, pas mal de mois ou ma vie s'est simplement arrêté.
Après l'ivresse de la liberté retrouvée, me voilà dans l'isolement le plus certain. Je vis sans vivre, je suis morte sans être morte. Une sorte d'ambiguité, de paradoxe, de tragédie... 
Pendant quatre mois j'ai passé mes journées chez moi, j'ai regardé les autres vivre, aimer, rire, mais aussi souffrir, pleurer, haïr. Et moi, rien.
Moi qui, il y a trois ans, aurais tout donner pour ne plus jamais rien ressentir, moi qui ai laissé mon coeur saigner jusqu'au le vide de toute cette précieuse substance, moi qui ai mis des années à me reconstruire en détruisant les autres. Moi qui jouissais de la souffrance d'un coeur en peine, qui riais de l'attachement des gens, moi la méchante, moi et mon coeur de verre, je suis vide. Les choses passent et je reste là à les regarder.
Puis tu m'as dis avoir tourné la page, et moi qui croyais que mon coeur allait se pincer, j'ai du faire face à bien pire: l'indifférence. Je connaissais se sentiment quand je l'imposais aux autres mais mais c'était avant que je me l'impose. Puis j'ai dû regarder partir ce grand cheval dont je me savais éprise, et bien que mon coeur se soit brisé, il ne saigne pas, il ne peut plus. Je suis sentimentalement dans un coma profond. Aucun homme ne m'a prise dans ses bras depuis plus de 9 mois mais ça non plus ça ne m'atteinds pas. Moi l'ex-sulfureuse, l'ex-provocatrice, moi qui était une fille forte et naïve, je suis devenue une femme fragile et réaliste. Agressée par la vie, agressée par l'amour.
Alors je pars pour recomencer une autre histoire. Nouvelle ville, nouvel appart. Je repeinds les murs en nuances de gris et j'hésite à mettre de la couleur, je résiste à la fole envie de courir chez le coiffeur, je ne sors pas, je ne bois pas, je ne fume pas, je ne baise pas, mais suis-je malheureuse ? Non. Je fais une pause, une trève avec moi même. Je me repose.

Par Eléonor K - Publié dans : Chroniques d'une étudiante
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